La conférence de l'ACÉDI 2022 se tiendra en ligne du 17 au 19 mai dans le cadre du Congrès annuel de la Fédération des sciences humaines et sociales.
 

Le « développement » pendant la crise de la COVID-19 et au-delà : que fait-on maintenant ?

Depuis 2020, les études et la pratique du « développement » se sont concentrées sur les nombreux effets locaux et mondiaux de la pandémie de COVID-19. En réponse à ces répercussions, plusieurs gouvernements ont mis en œuvre des changements de politiques publiques sans précédent : état d’urgence, confinements et restrictions des déplacements, soutien temporaire aux revenus et aux besoins de base, subventions aux entreprises et investissements dans la santé. Pourtant, en dépit des bouleversements énormes causés par le coronavirus et des réponses globales à celui-ci, beaucoup de choses ne semblent avoir guère changé.

Malgré les appels mondiaux à ne « laisser personne de côté » et à « reconstruire en mieux », l’iniquité des réponses observées à l’intérieur et entre les pays est flagrante. La pandémie a intensifié les injustices existantes sur la base des catégories de nationalité, de classe, de race, d’indigénéité, de genre et de capacités. Nous avons notamment été témoins des effets néfastes de fermetures des frontières, de refoulement massif de personnes migrantes et réfugiées, d’accaparement des vaccins et d’une priorisation de la production et de l’extraction au détriment de la sécurité des travailleur-euse-s et des communautés. De plus, les investissements publics destinés à faire face aux conséquences de la COVID-19 ont été largement canalisés vers le secteur privé, offrant de nouvelles opportunités d’affaires aux « grandes » entreprises tout en sapant les biens publics mondiaux. Les sociétés pharmaceutiques profitent ainsi de la demande mondiale de vaccins et maintiennent leurs brevets en dépit du fait qu’elles aient bénéficié de la recherche et du financement public.

Au-delà de tout cela, nous nous retrouvons dans un amalgame de crises interconnectées dont la COVID-19 n’est qu’un exemple. Les changements climatiques, l’accumulation du capital et l’oppression sociale sous ses diverses formes sont des crises sur lesquelles il faut agir dès maintenant et au-delà de la pandémie. Cependant, les moments de crise peuvent aussi présenter des occasions de changement. En plus des réponses des États, nous avons assisté à un soulèvement des mouvements sociaux et d’autres acteurs qui luttent pour le changement. Nous accueillons favorablement le thème « Transitions » retenu pour le Congrès des sciences humaines 2022, lequel permet de réfléchir au rôle que le « développement » peut et doit jouer pour nous aider à sortir de ces crises et à œuvrer pour une plus grande justice mondiale. En envisageant l’avenir, nous demandons : que fait-on maintenant ?

Au plaisir de vous voir en ligne en mai !


Le comité de la conférence de l'ACÉDI 2022 :

Georgina Alonso, membre du conseil d'adminstration de l'ACÉDI
Adrian Murray, coordinateur de la conférence de l'ACÉDI
Jess Notwell, membre du conseil d'adminstration de l'ACÉDI
Prachi Srivastava, membre du conseil d'adminstration de l'ACÉDI