Appel à propositions

     

Cap vers 2030 : Décoloniser le « développement » pour réduire les extrêmes à l'ère de la polarisation et de la pandémie

En raison de la pandémie de COVID-19, la conférence annuelle 2020 de l'ACÉDI a dû être annulée. Ceci est particulièrement décevant compte tenu du thème opportun de la conférence, de même que les nombreuses heures de travail que les membres et le conseil d’administration de l'ACÉDI avaient consacré à organiser l’événement. Par conséquent, nous sommes heureux d'annoncer que la conférence de l'ACÉDI 2021 revisitera le thème de 2020 autour de la décolonisation du « développement », tout en examinant également les effets de la pandémie sur le « développement ». 

Le « développement » est un projet colonialiste. Nous ne pouvons ignorer les nombreux types d’exploitation qu’il a engendrés – notamment la dépossession, l'esclavage, les migrations forcées et la militarisation – sur les peuples autochtones, les personnes noires et les personnes racisées, ainsi que sur d'autres groupes marginalisés. La conférence de l’ACÉDI 2021 examine comment aller de l’avant alors même que les sociétés contemporaines sont confrontées à des contextes de plus en plus polarisés sur le plan socio-économique, culturel, environnemental et politique. Malgré d’importantes innovations technologiques et une utilisation accrue d'énergies plus propres, la crise climatique a pris une tournure alarmante. Les partenariats et les plateformes d’engagement de citoyens se sont multipliés, mais les revendications des groupes opprimés et dépossédés de leurs terres et de leurs droits humains fondamentaux à  la santé, l'éducation et l'eau continuent d'être contestées. Même en ayant accès à un éventail sans précédent de sources d’information , nous vivons dans une ère de « post-vérité ». De plus, l’ethno-nationalisme est en nette augmentation au sein de certaines des plus grandes et influentes démocraties du monde.

L’ACÉDI 2021 reconnaît la nature contestée et problématique des efforts de « développement ». Nous appelons les acteurs et actrices du « développement » et de la solidarité internationale à décoloniser leurs pratiques, processus et institutions. Nous posons la question à savoir si le «développement» peut réduire les extrêmes au sein des sociétés et entre celles-ci. Nous faisons appel à l’expertise des personnes confrontées aux inégalités les plus profondes afin de remédier aux torts que le développement a pu engendrés. À l'ère de la polarisation, l'ACÉDI 2021 espère offrir un espace ouvert et inclusif pour relever ces défis avec nuance, rigueur et empathie, dans la perspective de 2030, date à laquelle les objectifs de développement durable des Nations unies sont appelés à être réalisés.

 

Appel à propositions

L'ACÉDI lance un appel à propositions dans le cadre de sa conférence annuelle de 2021. Ces propositions peuvent aborder ces enjeux selon différentes perspectives disciplinaires, théoriques ou méthodologiques. Nous acceptons également les propositions générales. Nous accueillons favorablement les propositions soumises par des étudiant-e-s, universitaires, praticiennes et praticiens, groupes de chercheurs-praticiens. Nous souhaitons particulièrement recevoir des propositions qui traitent du développement à partir des points de vue des peuples autochtones du Canada et d'ailleurs, des populations noires, des personnes racisées et d'autres groupes marginalisés, ou qui abordent des enjeux qui les touchent de près.

Les propositions peuvent porter sur les questions suivantes : 

L'engagement de « ne laisser personne de côté » de l'Agenda 2030 du développement durable est-il compatible avec un projet de développement décolonisateur ? Comment ces objectifs se reflètent-ils dans différents secteurs de développement et quels sont les défis pour la décolonisation ? Comment les personnes les plus vulnérables et marginalisées accueillent-elles les discours, idéologies et pratiques polarisantes ? Comment ces tendances polarisantes  influencent-elles leurs revendications et leurs droits ? Y a-t-il une place pour le changement véritablement transformateur ? 

 

Que signifie s'engager dans un processus de décolonisation et de justice à des fins de développement ? Quelles sont les différentes façons de comprendre la décolonisation ? Qu'implique la transformation de notre façon de penser, d'analyser et de mettre en pratique le « développement »?

Dans le rapport final de « l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées », les appels à la justice incitent les Canadiennes et Canadiens à devenir des “allié-e-s solides” (Enquête nationale, 2019, p. 224, Appel 15.4). Qu'exige de la part des universitaires, praticiennes et praticiens, activistes du développement et décideurs politiques l'appel à devenir des « allié-e-s solides » des femmes et des filles autochtones et des personnes 2ELGBTQQIA au Canada et à l'étranger ? 

Comment analyser la pandémie de Covid-19 avec un regard décolonial ? Comment la pandémie et ses différents blocages ont-ils été vécus par les plus vulnérables et les plus marginalisés de nos sociétés ? Comment la réponse mondiale à la crise et le discours qui l'accompagne ont-ils favorisé une vision coloniale du monde ? La pandémie peut-elle être l'occasion de repenser les relations Nord-Sud et les paradigmes de "développement" ?

En tant qu'activistes, chercheuses et chercheurs, praticiennes et praticiens, est-il possible de décoloniser nos schèmes de pensée et d’action ? Comment pouvons-nous assumer nos responsabilités et passer à l'action, notamment en respectant le leadership, les connaissances et les pratiques des gens qui doivent être au centre du développement ? 

 

Format de la conférence

L’ACÉDI 2021 est une conférence entièrement en ligne. Pour les personnes préoccupées par le décalage horaire avec le Canada ou la stabilité de leur réseau Internet, la possibilité de pré-enregistrer les présentations sera offerte.

 

Types de propositions

Toutes les propositions seront examinées.  

Communications individuelles. Les communications individuelles soumises par un ou deux auteurs feront partie d'une session parallèle dans le programme. Un président de séance sera nommé pour chaque session parallèle. Nous prévoyons tout au plus 4 présentations par session. Les soumissions doivent inclure un résumé de 300 mots maximum soulignant le but et les principaux résultats empiriques ou les arguments conceptuels, théoriques ou méthodologiques. Les communications empiriques doivent être accompagnées d'une brève description des méthodes de recherche ou de la nature des données recueillies. Les communications non empiriques doivent présenter un sommaire des principaux débats théoriques examinés, du contexte, de l’état des connaissances ou des antécédents de l'argument présenté.  

Panel ou table ronde. Les panels ou tables rondes sur un enjeu ou un thème spécifique doivent comprendre tout au plus 4 communications pour laisser suffisamment de temps à la discussion. Nous acceptons également les propositions de tables rondes portant sur des livres ou des rapports récemment publiés. Les propositions de panels doivent inclure le titre, la description et la justification du thème (250-300 mots), le nom et l’affiliation professionnelle de chaque présentatrice et présentateur, de même qu’un résumé (150 mots)  de chacune des communications. Les propositions de tables rondes doivent inclure le titre et la description des enjeux, du thème et des objectifs (250-300 mots), ainsi qu'une liste des présentatrices et présentateurs, accompagnée d'une brève description de leur contribution respective à la discussion (50 mots). Toutes les propositions de panels et de tables rondes doivent inclure les coordonnées de l'organisatrice ou de l'organisateur qui agira également à titre de président-e de séance.

Ateliers. Nouveau! Cette année, nous sollicitons des propositions d'ateliers. Ces propositions doivent identifier un ou plusieurs organisateurs principaux et, au cas où il y aurait d'autres facilitateurs, les noms de l'équipe en entier. Les organisatrices et organisateurs doivent savoir que ces ateliers visent à faire participer activement l'assistance et non se dérouler sous forme d'un débat d'expert-e-s ou de présentation d'exposés. Une plage horaire de 90 minutes sera allouée aux ateliers standards. Dans l'éventualité où plus de temps serait requis, deux plages horaires (180 minutes) seront accordées si l'espace prévu au programme le permet.

 

Trois catégories d'atelier sont possibles: 

Atelier Action pour le changement. Le but de cet atelier consiste à promouvoir l'implication des chercheurs-praticiens dans différents enjeux de développement clés, de partager les forces et les défis à relever, et de planifier des actions collaboratives en vue d'agir pour le changement. Il s’agit par exemple de discuter de stratégies et de campagnes de plaidoyer et des incitatifs à y participer; des façons de favoriser un engagement plus poussé dans les programmes communautaires et de développement; de la rétroaction sur des initiatives en matière de programmes et de politique; etc.

Atelier de recherche. Des exemples de thèmes d'ateliers dans cette catégorie incluent, sans toutefois s'y limiter : les questions de la formation à la recherche et aux compétences universitaires pour les chercheurs (nouveaux et établis) et les praticiens; la présentation d'outils de recherche et d'évaluation en matière de rétroaction; des réflexions méthodologiques approfondies sur des projets et programmes de développement et de recherche axées sur la communauté; la présentation de projets pilotes et la sollicitation de commentaires relativement à de futurs plans de recherche; etc.  

Atelier ouvert. Nous acceptons les propositions d’ateliers explorant des thématiques différentes des deux catégories précédentes.

 

Instructions relatives à la soumission des propositions 

La date limite pour recevoir vos propositions est le 1er février 2021. 

Seules les propositions soumises via le système électronique conçu à cet effet seront acceptées. Les soumissions envoyées via courriel ne seront pas prises en compte. Vous trouverez de plus amples instructions sur le système de soumission.

Les soumissions acceptées pour la conférence de l’ACÉDI 2020 annulée seront considérées comme approuvées. L'ACÉDI encourage les personnes dont la proposition a été acceptée à la soumettre à nouveau, en précisant qu’il s’agit d’une resoumission. 

Les présentatrices et présentateurs dont la proposition est acceptée doivent être ou devenir membres de l'ACÉDI et payer les frais pour le Congrès annuel des sciences humaines 2021, ainsi que les frais d'inscription à la conférence de l’ACÉDI 2021. 

Pour toutes questions d’ordre général : conference.coordinator@casid-acedi.ca