Appel à propositions

     

Le « développement » pendant la crise de la COVID-19 et au-delà : que fait-on maintenant ?

Depuis 2020, les études et la pratique du « développement » se sont concentrées sur les nombreux effets locaux et mondiaux de la pandémie de COVID-19. En réponse à ces répercussions, plusieurs gouvernements ont mis en œuvre des changements de politiques publiques sans précédent : état d’urgence, confinements et restrictions des déplacements, soutien temporaire aux revenus et aux besoins de base, subventions aux entreprises et investissements dans la santé. Pourtant, en dépit des bouleversements énormes causés par le coronavirus et des réponses globales à celui-ci, beaucoup de choses ne semblent avoir guère changé.

Malgré les appels mondiaux à ne « laisser personne de côté » et à « reconstruire en mieux », l’iniquité des réponses observées à l’intérieur et entre les pays est flagrante. La pandémie a intensifié les injustices existantes sur la base des catégories de nationalité, de classe, de race, d’indigénéité, de genre et de capacités. Nous avons notamment été témoins des effets néfastes de fermetures des frontières, de refoulement massif de personnes migrantes et réfugiées, d’accaparementdes vaccins et d’une priorisation de la production et de l’extraction au détriment de la sécurité des travailleur-euse-s et des communautés. De plus, les investissements publics destinés à faire face aux conséquences de la COVID-19 ont été largement canalisés vers le secteur privé, offrant de nouvelles opportunités d’affaires aux « grandes » entreprises tout en sapant les biens publics mondiaux. Les sociétés pharmaceutiques profitent ainsi de la demande mondiale de vaccins et maintiennent leurs brevets en dépit du fait qu’elles aient bénéficié de la recherche et du financement public.

Au-delà de tout cela, nous nous retrouvons dans un amalgame de crises interconnectées dont la COVID-19 n’est qu’un exemple. Les changements climatiques, l’accumulation du capital et l’oppression sociale sous ses diverses formes sont des crises sur lesquelles il faut agir dès maintenant et au-delà de la pandémie. Cependant, les moments de crise peuvent aussi présenter des occasions de changement. En plus des réponses des États, nous avons assisté à un soulèvement des mouvements sociaux et d’autres acteurs qui luttent pour le changement. Nous accueillons favorablement le thème « Transitions » retenu pour le Congrès des sciences humaines 2022, lequel permet de réfléchir au rôle que le « développement » peut et doit jouer pour nous aider à sortir de ces crises et à œuvrer pour une plus grande justice mondiale. En envisageant l’avenir, nous demandons : que fait-on maintenant ?
 

Appel à propositions

A la lumière de ce contexte, l'ACÉDI lance un appel à propositions dans le cadre de sa conférence annuelle de 2022. Ces propositions peuvent aborder ces enjeux selon différentes perspectives disciplinaires, théoriques ou méthodologiques. Nous acceptons également les propositions générales. Nous accueillons favorablement les propositions soumises par des étudiant-e-s, universitaires, praticiennes et praticiens, groupes de chercheurs-praticiens. Nous souhaitons particulièrement recevoir des propositions qui traitent du « développement » à partir des points de vue des peuples autochtones de Turtle Island et d'ailleurs, des populations noires, des personnes racisées et d'autres groupes marginalisés, ou qui abordent des enjeux qui les touchent de près.

Les propositions peuvent répondre à des questions telles que :

  • Comment la pandémie et les réponses à celle-ci ont-elles influencé les études et la pratique du « développement », ainsi que la vie des gens de façon plus générale ?
  • Que pouvons-nous apprendre de la crise de la COVID-19 qui pourrait nous aider à repenser et à œuvrer pour la justice mondiale ?
  • Quelles alternatives pouvons-nous/devrions-nous/allons-nous préconiser pour favoriser les solidarités globales, la décolonisation, l’équité et, en fait, le « développement » ?
  • À quoi ressemble l’avenir des études et de la pratique du « développement » dans un monde post-pandémique et comment pouvons-nous transformer l’héritage colonial du développement ?
  • ​Quels processus et/ou outils pouvons-nous utiliser à des échelles grandes et petites pour soutenir de telles transitions et transformations ?
  • ​Quelles sont les conversations, les actions, les structures et les personnes qui sont occultées par l’attention considérable portée à la pandémie de COVID-19 ?

Découlant de ces questions, les propositions peuvent examiner les sujets suivants :

  • Le « développement » et la pandémie
    • Les répercussions de la pandémie sur la santé, l’éducation, le travail, justice de genre, le travail de soin, l’économie, l’agriculture ou d’autres secteurs
    • Solutions sociales et économiques alternatives pendant la pandémie
    • Organisations non-gouvernementales et internationales en transition
  • Colonialisme, impérialisme et décolonisation
  • Développement économique et travailleur-euse-s
  • Changements climatiques, justice environnementale
  • Agriculture et extraction
  • Droits, mouvements sociaux, conflits, manifestations, en particulier dans le contexte d’une pandémie et/ou d’autres crises
  • Solidarités internationales, libération et abolition
  • La gouvernance et l’État
  • Relations sociales d’oppression — race, classe, genre, statut de capacité, etc.
  • ​Théorie et pratique du « développement »

L’ACÉDI est également ouverte aux propositions qui traitent du thème de la conférence par le biais d’autres « grandes » questions et sujets importants.
 

Format de la conférence

L’ACÉDI 2022 est une conférence entièrement en ligne. Pour les personnes préoccupées par le décalage horaire avec le Canada ou la stabilité de leur réseau Internet, la possibilité de pré-enregistrer les présentations sera offerte.
 

Types de propositions

Toutes les propositions seront examinées.  

Communications individuelles. Les communications individuelles soumises par un ou deux auteurs feront partie d'une session parallèle dans le programme. Un président de séance sera nommé pour chaque session parallèle. Nous prévoyons tout au plus 4 présentations par session. Les soumissions doivent inclure un résumé de 300 mots maximum soulignant le but et les principaux résultats empiriques ou les arguments conceptuels, théoriques ou méthodologiques. Les communications empiriques doivent être accompagnées d'une brève description des méthodes de recherche ou de la nature des données recueillies. Les communications non empiriques doivent présenter un sommaire des principaux débats théoriques examinés, du contexte, de l’état des connaissances ou des antécédents de l'argument présenté.  

Panel ou table ronde. Les panels ou tables rondes sur un enjeu ou un thème spécifique doivent comprendre tout au plus 4 communications pour laisser suffisamment de temps à la discussion. Nous acceptons également les propositions de tables rondes portant sur des livres ou des rapports récemment publiés. Les propositions de panels doivent inclure le titre, la description et la justification du thème (250-300 mots), le nom et l’affiliation professionnelle de chaque présentatrice et présentateur, de même qu’un résumé (150 mots)  de chacune des communications. Les propositions de tables rondes doivent inclure le titre et la description des enjeux, du thème et des objectifs (250-300 mots), ainsi qu'une liste des présentatrices et présentateurs, accompagnée d'une brève description de leur contribution respective à la discussion (50 mots). Toutes les propositions de panels et de tables rondes doivent inclure les coordonnées de l'organisatrice ou de l'organisateur qui agira également à titre de président-e de séance.

Ateliers. Nous sollicitons des propositions d'ateliers. Ces propositions doivent identifier un ou plusieurs organisateurs principaux et, au cas où il y aurait d'autres facilitateurs, les noms de l'équipe en entier. Les organisatrices et organisateurs doivent savoir que ces ateliers visent à faire participer activement l'assistance et non se dérouler sous forme d'un débat d'expert-e-s ou de présentation d'exposés. Une plage horaire de 90 minutes sera allouée aux ateliers standards. Dans l'éventualité où plus de temps serait requis, deux plages horaires (180 minutes) seront accordées si l'espace prévu au programme le permet.

Trois catégories d'atelier sont possibles: 

Atelier Action pour le changement. Le but de cet atelier consiste à promouvoir l'implication des chercheurs-praticiens dans différents enjeux de développement clés, de partager les forces et les défis à relever, et de planifier des actions collaboratives en vue d'agir pour le changement. Il s’agit par exemple de discuter de stratégies et de campagnes de plaidoyer et des incitatifs à y participer; des façons de favoriser un engagement plus poussé dans les programmes communautaires et de développement; de la rétroaction sur des initiatives en matière de programmes et de politique; etc.

Atelier de recherche. Des exemples de thèmes d'ateliers dans cette catégorie incluent, sans toutefois s'y limiter : les questions de la formation à la recherche et aux compétences universitaires pour les chercheurs (nouveaux et établis) et les praticiens; la présentation d'outils de recherche et d'évaluation en matière de rétroaction; des réflexions méthodologiques approfondies sur des projets et programmes de développement et de recherche axées sur la communauté; la présentation de projets pilotes et la sollicitation de commentaires relativement à de futurs plans de recherche; etc.  

Atelier ouvert. Nous acceptons les propositions d’ateliers explorant des thématiques différentes des deux catégories précédentes.


Instructions relatives à la soumission des propositions 

La date limite pour recevoir vos propositions a été prolongée au 28 janvier 2022. 

Seules les propositions soumises via le système électronique conçu à cet effet seront acceptées. Les soumissions envoyées via courriel ne seront pas prises en compte. Vous trouverez de plus amples instructions sur le système de soumission.

Les présentatrices et présentateurs dont la proposition est acceptée doivent être ou devenir membres de l'ACÉDI et payer les frais pour le Congrès annuel des sciences humaines 2022, ainsi que les frais d'inscription à la conférence de l’ACÉDI 2022. 

Pour toutes questions d’ordre général : conference.coordinator@casid-acedi.ca